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Être enseignant: une profession valorisable? - Texte et entrevues de notre directrice générale

 

Être enseignant: une profession valorisable? - Texte et entrevues de notre directrice générale

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L’affaire Gregory Charles aura eu ça de bon : les différents acteurs de l’éducation se sont ralliés vers une même cible. Car soyons honnêtes, il s’agit d’un milieu où les divergences d’opinions et l’omerta font loi. En éducation physique et à la santé (ÉPS), nous sommes bien placés pour le savoir. 

Depuis plusieurs années, les enjeux de la valorisation de la profession enseignante sont au cœur des débats. Mais avouons-le : notre profession en est une qui tolère nombre d’iniquités en son sein.

Respect ? 

En ÉPS, nous sommes la cible de propos à la surface moqueurs mais au fond irrespectueux. Par la nature de notre matière, des enseignants nous perçoivent à tort comme des animateurs ou des amuseurs publics. On dit que nous avons un bac en ballons, qu’il faut faire bouger les jeunes ou que nous sommes simplement priés de leur faire dépenser leur trop-plein d’énergie. Ces propos réducteurs de la part de certains de nos collègues discréditent les quatre années d’études universitaires que nous avons au même titre qu’eux. 

Comment demander collectivement une valorisation quand, entre nous, nous ne faisons pas toujours preuve de respect envers les compétences de chacun ? Comment valoriser l’ensemble de la profession quand une hiérarchie des matières existe et est tolérée ? Est-ce qu’une matière vaut plus qu’une autre ?

Le fait que chaque année, au primaire, nous ayons une épée de Damoclès au-dessus de notre tête, tout comme nos collègues en musique et en arts, peut laisser croire que nous sommes une petite matière. En effet, les latitudes laissées par le régime pédagogique font en sorte que les conseils d’établissement de chaque école décident annuellement du temps octroyé à ces matières. Difficile d’être pris au sérieux quand notre destin professionnel est remis entre les mains de gens qui connaissent peu notre réalité spécifique.

Au secondaire, bien que ce soit différent, les impacts sont similaires. Ainsi, le fait que la réussite de l’ÉPS ne soit pas obligatoire pour l’obtention du diplôme d’études secondaires amène son lot de commentaires tant de la part des élèves que des autres enseignants : « Je n’ai pas besoin de réussir ton cours pour mon DES », « Cet élève a besoin de récupération, donc il n’ira pas à ton cours, » ou « Mes parents ont obtenu facilement un billet médical pour que je ne perde pas mon temps dans ton cours ». Ou inversement, on se fait demander par les parents pourquoi l’élève n’a pas 100 % alors qu’il est un athlète reconnu.

Quand on prend l’élève dans son développement global, il n’y a pas de petite matière. Alors, pourquoi nous dénigrer entre nous alors que nous avons tous le même point en commun : la volonté de permettre à chaque élève d’atteindre son plein potentiel ?

Un travail incroyable ! 

Malgré ce contexte de travail, les EÉPS sont au rendez-vous pour le bien-être des élèves. En ce mois de l’éducation physique, de la santé et du plein air (MEPSPA), je tenais à saluer et mettre en valeur l’incroyable travail que ces enseignants font au quotidien. Je leur lève mon chapeau pour faire des pieds et des mains pour que les élèves découvrent leur propre passion active. 

À notre époque, faire découvrir et aimer la pratique régulière d’activités physiques relève de l’exploit. À tous ceux qui s’investissent corps et âme dans l’enseignement d’une éducation physique et à la santé de qualité, je vous souhaite un mois de mai à la hauteur de votre expertise. Vous êtes importants pour les élèves du Québec, vous faites une différence pour plusieurs d’entre eux. 

 

Véronique Marchand

Directrice générale

Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec

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